04/03/2010 - Le président Guelleh prône
Prenant la parole hier, à l’ouverture du 10e Congrès ordinaire du RPP, le président de la République a livré son point de vue sur l’opportunité d’une révision constitutionnelle. Selon le chef de l’État, il est essentiel d’assurer au processus le consensus le plus large possible, en cherchant à gagner l’adhésion de tous.
« Il n’y a que trois choses qui relèvent de l’impensable, de l’irréalisable. La première serait de dire : ‘tous ces partis politiques me causent trop de tracasseries, je les dissous et leur substitue un seul grand parti’.
La deuxième reviendrait à décréter le remplacement de ‘République de Djibouti’ par ‘Émirat de Djibouti’. Enfin, la troisieme chose consisterait à affirmer : ‘le territoire national est trop vaste, j’ai décidé d’en céder une partie’. Voila les trois choses que la Constitution prohibe formellement.
Le reste dépend du contexte prévalant au moment donné… ». Le système du multipartisme, la forme républicaine de notre régime politique et l’intégrité du territoire national sont donc les seuls points ultra-sacrés, auxquels il est strictement interdit de toucher.
En lâchant ces propos, vite noyés dans un tonnerre d’applaudissements, le président de la République a répondu, à sa manière, aux appels pressants de ceux qui, de plus en plus nombreux, souhaitent le voir rempiler pour un troisième mandat en 2011.
Les très nombreux partisans de sa reconduction à la tête de l’État, dont les rangs n’ont cessé de grossir depuis le dernier congrès du RPP, auraient sans doute préféré que le chef de l’État brusquât le cours des choses. Qu’ils se rassurent cependant: le chef de l’État est loin d’être insensible à leurs appels.
«Depuis bientôt un an, j’entends les appels, les motions de soutien, les manifestes que vous ne cessez de m’adresser pour la poursuite de nos efforts dans l’édification de cette société d’avenir. Et avant toute chose, je souhaite vous en remercier très sincèrement car ces appels, ces manifestes, comptent pour moi parmi les meilleures marques d’encouragement et de confiance dans la conduite de mes responsabilités à la tête de l’État ».
Le chef de l’État entend « prendre le temps de la réflexion et de la mesure nécessaire avant de se prononcer en vue d’endosser, une nouvelle fois, une telle charge ».
Un groupe de députés se sont fait l’écho des voix populaires en introduisant, récemment, une proposition de loi visant à modifier la constitution afin de permettre au président Ismail Omar Guelleh de se représenter en 2011. « Cette révision constitutionnelle en soi est une chose positive dans la mesure où elle traduit les récentes évolutions et les nouvelles exigences de la société djiboutienne », a observé le chef de l’État.
Tout en estimant ainsi que la démarche des parlementaires constitue un pas dans la bonne direction, le président a rappelé que la partie est loin d’être gagnée : « Pour ma part, en vue d’une telle entreprise, et pour qu’il y ait un consensus national autour de cette question d’intérêt général, je propose la mise en place d’une Commission nationale ad hoc pour que vos aspirations, les aspirations de nos concitoyens soient mieux traduites. Mais ceci dans le respect, l’ordre, la stabilité et la sérénité que requièrent les affaires de la République ».
Aux yeux du président, cette question de révision constitutionnelle revêt une importance cruciale et mériterait, de ce fait, d’être traitée avec le plus grand soin. « Il n’est pas question pour nous de prêter le flanc à quelque critique que ce soit », a martelé le chef de l’État.
Faisant allusion aux errements observés ces derniers temps chez certains politiciens, mais sans jamais pointer le doigt sur quelqu’un en particulier, le président a appelé au respect des règles de base du jeu démocratique. «La démocratie signifie la liberté pour tous de s’exprimer.
Mais de grâce évitons les insultes, gardons à l’esprit que les insultés peuvent aussi rendre la pareille, même si nous n’avons aucune intention de répliquer à de telles bassesses ».
Notre système politique permet à tout citoyen majeur qui en remplit les conditions légales de solliciter les suffrages des électeurs. « Ceux qui se targuent d’un soutien populaire, s’ils sont vraiment convaincus de ce qu’ils disent, peuvent se porter candidats et descendre dans l’arène. Mais deux types d’individus me trouveront toujours sur leur chemin : ceux qui veulent arriver par la force et ceux qui, tout en se réclamant d’une formation politique légalisée, approuvent les actes des fauteurs de trouble.
Si vous vous dites chef de parti politique, vous devez combattre avec des moyens politiques. Sinon, vous prenez les armes et on verra ou cela vous mènera », a-t-il lancé en guise de défi. Apparemment, le président ne se fait guère d’illusions sur les motivations qui sous-tendent une telle posture. « La politique dresse les uns contre les autres. Et plus l’ambition parait démesurée, plus le sentiment d’aigreur est fort », a-t-il expliqué.
Ibrahim Miyir Ali
MCCPT
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[ Source : La Nation | Consulté 286 fois | Haut ]
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